Introduction
En guise d’introduction, et probablement aussi de disclaimer, je préfère annoncer tout de suite la couleur : je suis fan de permaculture et de syntropie. Et je n’aurais jamais penser passer un jour un motoculteur dans la serre.
Mais voilà, cela fait 2 ans que je cultive 40m² de potager. Et que les résultats sont parfois très mitigés. L’année dernière, la plupart des plantations ont été ensevelies sous une quantité folle de mauvaises herbes, notamment du liseron et de la vigne vierge.
Malgré la densité de plantation potagère, et l’acharnement à réguler les adventices en arrachages manuels ciblés et réguliers, et bien, beaucoup de potagères ont tout simplement disparu dans la forêt vierge qu’était devenue la serre (cf. l’article dédié aux mauvaises herbes Reconnaître les mauvaises herbes au potager).
Toile de paillage pour éviter les adventices
Et cette année, j’ai l’ambition d’avoir une vraie récolte sans passer 12h par semaine à genou. C’est ainsi que m’est venue l’idée, somme toute assez banale, de mettre en place une toile de paillage.
Mais une toile de paillage sur un couvert végétal extrêmement dense et un sol argileux dur comme la pierre, ce n’est pas très utile. C’est pourquoi, le projet de passer le motoculteur s’est imposée.
Pourquoi passer le motoculteur au jardin ?
Le motoculteur permet notamment de :
- Ameublir le sol et ainsi aérer les racines ;
- Anéantir la prolifération des adventices ;
- Travailler le sol facilement et rapidement.
J’utilise énormément la grelinette, pour respecter les organismes vivants. Pour arriver à un résultat équivalent, d’ameublissement et d’aération mais sans retourner le sol (ce qui est bien mieux), cela m’aurait probablement pris environ une 100aine d’heures de grelinette. Alors qu’en quelques heures (~3h), le motoculteur était passé, et le travail était fait.
Impacts sur les organismes et l’équilibre du jardin
Le côté négatif du motoculteur, c’est son impact sur les organismes et l’équilibre du sol. En effet, il retourne le sol sur une vingtaine de centimètres de profondeur. En plus de déstructurer le sol, mélangeant la couche superficiel avec les couches inférieures, il fait fi des organismes vivants : vers de terre, cloportes, gastéropodes, fourmis, mille-pattes, araignées, hexapodes… C’est bien simple, il mélange tout sur son chemin !
C’est extrêmement efficace, mais cela tue beaucoup d’êtres vivants. Pour ce qui est des adventices, cela ne m’a pas déranger du tout, je le reconnais. Mais pour les petits organismes, c’était une toute autre histoire 🪱😭💔
Ce qui m’a convaincue de le passer
Voici les raisons principales qui m’ont convaincue de le passer :
- Adventices très ancrées dans le sol, et de plus en plus difficiles à réguler d’année en année ;
- Sol argileux extrêmement compact, dur ;
- Récolte très maigre les 2 dernières années (en raison des adventices et de la compaction du sol) ;
- Une surface motocultée très petite par rapport à la surface total du terrain qui n’est pas du tout travaillé – environ 10% (40 m² de serre pour 400 m² de terrain vierge) ;
- Les organismes vivants se développent de nouveau dans le sol une fois la toile de paillage posée.
Comment utiliser le motoculteur
Le motoculteur est simplement un moteur puissant, qui entraîne un arbre de rotation surlequel sont montées des hélices qui viennent retourner le sol.
Nous avons utilisé un motoculteur de petite taille que nous a prêté nos voisins de jardin, avec 6 hélices, moteur 2 temps (comme les scooters) et qui travaille environ 20 cm de profondeur du sol.


Il en existe évidemment des bien plus gros, plus puissants et plus larges pour retourner de bien plus grandes surfaces et sur de plus grandes profondeurs. C’est généralement ceux-là qu’utilisent les agriculteurs professionnels.
1) Couper les végétaux en place
Avant toute chose, la coupe des végétaux déjà en place est une étape cruciale dans la réussite du passage du motoculteur. En effet, l’action des pales du motoculteurs serait bien moins efficace en présence de trop de fibres. Et l’ameublissement du sol serait très grossier.
Pour cela, privilégier un rotofil si les végétaux font plus de 30 cm de haut. Ou, si possible, arracher les plantes les plus récalcitrantes avec leurs racines.
2) Retirer les résidus de la coupe
Pour les même raisons, il est important de retirer les tiges et feuilles coupées après avoir passé le rotofil.


3) Passer le motoculteur
Pour arriver à un résultat satisfaisant, il a fallu passer 4 à 5 fois le motoculteur sur la surface dans différents sens, et ce, très lentement.
Et voilà le travail 👌💪

La toile de paillage
La mise en place de la toile de taillage était le véritable objectif de la manoeuvre. Et j’ai dédié un article à son sujet.
Nous avons posé la toile de paillage immédiatement après avoir passé le motoculteur. Car laisser un sol nu (sans couvert végétal, quelqu’il soit) aurait pour conséquences, entre autres, d’assécher le sol, tuer les derniers organismes qui avaient survécu au passage du motoculteur et donner de la lumière aux adventices qui auraient pu repousser aussitôt. Donc ni une ni deux, la toile était posée 😎😀


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