Pourquoi identifier les mauvaises herbes au jardin ?
Les adventices, aussi appelées « mauvaises herbes », sont les plantes qui poussent naturellement dans votre culture. Et celles-ci peuvent, par l’occupation de l’espace, leur consommation en eau et en nutriments, venir concurrencer les besoins de votre culture. Parfois même jusqu’à prendre le dessus au jardin.
C’est à peu près ce qu’il s’est passé pour moi. J’ai pas trop desherbé pendant plusieurs semaines. Après quoi, j’avais du mal à retrouver mes cultures. Certaines avaient même été totalement ensevelies sous d’autres plantes « adventices ».
Identifier les mauvaises herbes, c’est la première étape pour arriver à apprendre à les connaître et ainsi limiter au maximum leur développement au potager. Aussi, elles fournissent des informations essentielles sur la composition du sol. D’où l’intérêt de bien les identifier !
Donc je vous partage aujourd’hui la liste des principales adventices observées au jardin de Meylan, avec leurs descriptions, et des photos, pour que vous puissiez également les reconnaitre dans votre jardin, et en arriver à bout.
Les mauvaises herbes
De manière assez naturelle, je vais vous faire un classement : de la plus insupportable au jardin à la plus supportable.
La parthénocisse (vigne vierge) à 5 folioles
C’est sincèrement la pire des plantes spontanées présentes au jardin. Elle pousse extrêmement vite. Elle est presque impossible à retirer, car elle se développe le long d’une tige, et chaque départ de feuille peut constituer une nouvelle racine. Je ne suis visiblement pas la seule à avoir un dent contre elle car son joli petit nom en anglais n’est autre que « bushkiller ».
Voilà, donc sachez que ce tueur de buisson aiment les sols humides et aimera grimper le long des éléments verticaux, comme la structure d’une serre, un arbre, ou un mur par exemple.
Comme son nom l’indique, ses feuilles sont composées de cinq (parfois trois ou sept) folioles, à bords à longues dents. Et au niveau du départ de chaque feuille sur la tige se trouve soit une vrille, soit une inflorescence.

Et quand on tire sur une tige, voilà ce qui vient :

Le meilleur moyen pour s’en débarrasser est de retirer entièrement ses tiges, ainsi que ses racines (comme sur la photo au dessus). Ne pas mettre au compost, même découpée en morceau, elle continuerait de proliférer.
Le liseron
La deuxième plus envahissante au jardin est : le liseron. Il en existe deux variétés proches, le Liseron des Haies et le Liseron des Champs. Dans mon cas, il s’agit du Liseron des Haies.
Cette plante est à la fois magnifique : elle fait de belles fleurs blanches et des feuilles en forme de coeur, ce qui fait qu’on a envie de la garder. Et en même temps elle est insupportable, car c’est une envahissante très difficile à maîtriser. Elle grimpe sur n’importe quelle autre plante autour. En les enserrant fortement, elle étouffe complètement le développement des potagères. De nombreuses fois, j’ai vu une potagère complètement clouée au sol par un liseron.
Aussi, ses racines sont extrêmement fines. Ce qui fait qu’elles se cassent dès que je tente de tirer dessus. Et de nouvelles plantes repartent de ces mêmes racines, déjà arrachées mais toujours présentes en partie dans le sol. Donc je l’arrache à l’infini partout dans le jardin. Peut-être un jour, j’arriverai à retirer totalement ses racines, je ne sais pas…


Le meilleur moyen pour s’en débarrasser est de retirer entièrement ses racines fines et cassantes du sol, avec une fourche à bêcher ou une grelinette. Aussi, à défaut de pouvoir retirer entièrement les racines, retirer à minima toutes les fleurs avant qu’elles ne se resèment. Ne pas mettre au compost où il pourrait continuer de proliférer.
La rénoncule rampante
La rénoncule rampante fait pour moi partie du top 3 des pires adventices du jardin. Elle se développe extrêmement vite, la rendant fortement envahissante. Dure à arracher, car ses tiges sont cassantes. Et elle a une particularité lui permettant de s’implanter absolument partout : elle se multiplie par « stolons ». Comme les fraises, elle développe des sorte de tiges, qui s’implantent 5 à 20 cm plus loin, pour former une nouvelle plante. En retirant la première, toutes les autres plantes peuvent continuer de vivre sans problème. C’est un travail de titan. En plus d’empêcher sa floraison, il faut retirer chaque plante issue d’un stolon et qui elle-même a fait un stolon, qui a fait un stolon, qui a fait un stolon… ça n’arrête pas.
La rénoncule rampante aime les terrains riches, évite les sols trop acides et ne pousse pas à l’ombre. Ses feuilles ressemblent un peu à du persil plat ou du céléri branche et ses plantes tapissent le sol, d’où la qualification de « rampante ».

Et voici une photo qui vous montre comme elle se reproduit par « stolons » (tige entre les deux plantes) :

Pour s’en débarrasser, il faut retirer toutes les plantes avec leurs racines. Et ne pas les mettre au compost telles qu’elles, elles pourraient continuer de proliférer. Les découper plus finement au préalable.
Le pissenlit ou dent-de-lion
La plupart du temps, le pissenlit n’est pas considéré comme une plante adventice. Car elle n’est pas très envahissante. On peut en consommer les feuilles, comme une salade. Certains font même de la confiture de fleurs de pissenlit. Mais mon souci au jardin, c’est qu’il est présente en très grand nombre. Il est partout. Peut-être qu’une année (avant que j’ai le jardin), toutes les fleurs ont grainé, et depuis, les pissenlits germent dans tous les recoins du potager.
Le pissenlit a une racine puissante, compliquée à arracher sans la casser. Et ses fleurs arrivent rapidement à maturité. La floraison s’étalant sur plusieurs mois, le pissenlit a de nombreuses occasions de proliférer et se resemant. Il y a 200 à 300 graines pour une seule tête fleurie. Rien que ça.


Le pissenlit se développe dans les sols calcaires, basaltiques, ou dans les vallées alluviales. Il le retrouve fréquemment dans les champs, à la lisière des bois ou dans les clairières.
Afin de limiter son développement (si vous en avez comme moi 1 million dans votre jardin), le mieux est de l’arracher avec sa racine, ou d’empêcher sa floraison, en coupant ses fleurs encore jeunes. Peut être mis au compost, s’il n’y a pas de graines (plumeau blanc).
Le laiteron rude, épineux ou encore piquant
Alors, le laiteron rude au jardin, ce n’est pas l’adventice la plus envahissante, ni la plus compliquée à maîtrisée. Mais il y en a beaucoup au jardin de Meylan, et elle est assez piquante, ce qui la rend quand même particulièrement insupportable. Quand vous essayez de planter autour, tuteurer, désherber, vous vous faites piquer les bras et les mains… Et mieux vaut avoir des bons gants pour l’arracher.
C’est une plante qui pousse dans les sols qui ont été perturbés par l’activité humaine, donc typiquement dans nos jardins.


Le mieux pour éviter sa prolifération, c’est de l’arracher entièrement, en évitant de trop vous faire piquer. Et, au pire, si vous ne l’arrachez pas, penser à retirer ses jeunes fleurs. Comme le pissenlit, si les fleurs sont encore jeunes ou absentes, vous pouvez mettre la plante au compost.
La digitaire sanguine
La digitaire sanguine, késako ? Voici typiquement une adventice que j’ai découvert au jardin. Elle ressemble à une céréale, et forme des inflorescences en longues tiges éclatées, comme les doigts d’une main (d’où son nom). Jeune, elle ressemble à une simple touffe d’herbe.
Compte tenu de son nombre, et de son développement rapide, elle est définitivement une envahissante de taille au jardin.

Zoom sur une inflorescence :

La meilleure stratégie pour s’en débarraser, et de ne pas la laisser grainer, et encore moins la laisser se resemer sur place. Aussi, ne pas la mettre dans votre compost s’il y a des graines matures, elle en profiterait pour proliférer.
Les asters
Au jardin, il y a également deux variétés d’Aster qui pullulent :
- l’aster des jardins, qui prolifère sous la serre
- l’aster à feuilles lancéolées, qui prolifère sur une plate bande paillée
Les asters ne sont pas considérées comme des adventices en soit, car elles sont assez faciles à maîtriser, et elles forment de belles fleurs colorées à l’automne. Elles sont même parfois plantées volontairement par les jardiniers. Mais, en ayant dû en arracher un grand nombre pour faire de la place à des potagères, je vous la présente tout de même dans cet article.
Voici l’aster à feuilles lancéolées :

Et voici l’aster des jardins (sous les fraises, au milieu d’autres adventices):

Pour s’en débarasser, mieux vaut l’arracher avec sa racine quand elle est encore jeune. Car sa racine est puissante, et peut donner du fil à retordre. En l’absence de fleurs, elle peut être mise au compost.
L’amarante réfléchie
Voici la dernière adventice que je vais vous présenter aujourd’hui, il s’agit de l’amarante réfléchie. La plus supportable de toutes, de loin. Car elle se développe à rythme normal (comme une potagère disons), et concurrence peu les plantes voisines.
Elle fait partie de la même famille que le chénopode : les Chénopodiacées. Dans certaines parties du monde, ses feuilles sont consommées, et ses graines peuvent être broyées pour être utilisées en farine.
Comme le pissenlit, vous avez le choix : soit la retirer si vous souhaitez planter autre chose à la place, soit la laisser se développer et la consommer. Pour info, il y a des grainetiers qui vendent leurs graines en catégorie « potagère ».


Enfin, vous l’avez très probablement reconnue depuis longtemps, la plante qui fait la une de cet article est une grande ortie. L’ortie ne fera pas partie de ce classement des mauvaises herbes du potager, car je ne la considère pas comme une adventice. Elle ne prolifère pas dans le jardin de Meylan, et elle peut être très bénéfique aux autres plantes (purin d’orties et autres infusions…). La voici tout de même en photo, si vous souhaitez la reconnaitre :



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